En tenant compte des axes exprimés
dans le Projet de Gouvernement Général 2003-2009
et des priorités signalées à partir de
VIIème Assemblée Générale, nous
effectuons dans cette seconde partie du Mémoire le diagnostic
de l’état actuel de la Compagnie. Nous signalons également
les avancées à effectuer face aux six prochaines
années: 2009-2015.
2. Service éducatif
2.1 Nouveaux défis éducatifs
2.1.1. Diagnostic
La réflexion sur la mission éducative de la
Compagnie de Notre-Dame, réalisée à partir
des différents contextes et plateformes à l’occasion
de la célébration de nos Quatre-cents ans, nous
a permis d’approfondir les défis que nous considérons
les plus significatifs pour aujourd’hui:
- Rendre Dieu présent dans notre monde pluriel et
interreligieux.
- Construire un monde à visage plus humain: éducation
et inclusion.
- Etre en lien avec le monde des jeunes et leurs projets.
- Travailler pour une éducation intégrale et
qui permette l’intégration.
- Discerner pour rechercher à chaque instant ce
qui est le plus grand service.
- Créer une communauté éducative autour
d’un projet commun.
- Créer, avec d’autres, des espaces d’humanisation
et de Bonne Nouvelle en notre monde.
- Faire de nos vies une référence d’annonce
et un chant de reconnaissance.
Un travail important de cette période,
au niveau de la Compagnie universelle, a consisté à définir
quels sont ces défis, puis à les approfondir, à voir
par quelles pratiques éducatives nous les abordons, à nous
enrichir des apports et des réalisations de chaque contexte
et à concrétiser les chemins de réponse. Le
Livre “La misión educativa de la Compañía
de María: desafíos y respuestas”(1),
fruit de la réflexion de nombreux groupes et communautés éducatives
des différents pays, recueille tout cela et nous signale
des pistes pour continuer d’avancer à partir d’un
horizon commun.
La “Ière Rencontre Internationale
de Direction et de Gestion des Etablissements d’Education
Formelle: évaluation
de la pratique – lignes d’avenir” (México
2007), nous a aussi permis d’approfondir, entre autres
aspects, ce que suppose aujourd’hui “une éducation
de qualité qui réponde aux nécessités
profondes de l’être humain, qui le prépare à assumer
avec responsabilité ses engagements en tant que personne
et citoyen qui fait partie de l’univers” et de
signaler des façons concrètes pour continuer
d’avancer(2).
Outre cette réflexion et cette analyse de notre pratique éducative,
nous avons pu constater, au contact des différentes
réalités de la Compagnie, les points suivants :
En ce sens, nous avons perçu qu’en général, à partir
des diverses plateformes,
projets ou groupes où nous sommes présentes,
il s’agit de répondre de manière éducative
aux défis que présente chaque réalité. Pour
cela, on a adapté certaines pratiques, on en a cherché d’autres,
on a changé de méthodologies, en innovant des
façons de faire et de se situer.
-
La signification de nos présences,
soutenue par différents facteurs. Nous sentons qu’en
certains lieux, pour que cette signification ne se dilue
pas, nous devons renforcer la proposition pédagogique
et évangélisatrice, de même que notre
qualité de présence et de cohérence
avec le charisme de Sainte Jeanne de Lestonnac.
-
L’incidence des politiques de chaque pays sur
les possibilités éducatives qu’en
tant que Compagnie nous pouvons offrir. Ceci suppose
une recherche constante pour répondre aux lois, en accord
avec nos valeurs et notre accent éducatif. De plus,
en certains contextes plus qu’en d’autres,
on constate la lutte pour la subsistance économique
des œuvres.
-
Les avancées dans le travail et la formation
conjointe laïcs-religieuses, comme une des
lignes prioritaires de notre projet apostolique.
-
La conscience chaque fois plus grande que notre
tâche éducative
doit toucher avec une plus grande intensité les
familles et les ancien(ne)s élèves, et
que pour cela, il nous faut trouver des moyens concrets.
-
L’importance des structures
qui sont mises en place dans la plupart des contextes,
pour assurer l’identité de nos œuvres et de nos projets
et répondre aussi bien à la vitesse et à la
compétitivité avec laquelle avancent notre
monde ainsi que les sociétés dans lesquelles
nous sommes insérées, que pour mieux exploiter
les possibilités humaines et les ressources économiques
dont nous disposons en ce moment.
-
La conscience plus grande de la
richesse de la pluralité et
de l’universalité. On avance, en
certains contextes avec plus d’efforts que dans d’autres,
dans l’interaction entre les différentes œuvres
et projets. Et, lorsqu’il en est ainsi, la mission
de la Compagnie est vue comme un tout et l’on valorise
les diverses plateformes comme faisant partie d’un
Corps à dimension universelle.
2.1.2. Regard de prospective
Face aux six prochaines années, nous voyons qu’il
est important de continuer d’avancer dans cette même
direction, et nous soulignons les points suivants:
-
Définir clairement, en chaque œuvre et chaque
projet éducatif, une proposition d’évangélisation
qui réponde à la réalité.
-
Evaluer le chemin parcouru avec
les familles et les ancien(ne)s élèves
pour prévoir de nouvelles avancées d’avenir.
-
Discerner la mise en marche de moyens
qui, en chaque contexte et en tant que Compagnie Universelle,
puissent aider à rendre
réelle l’union des forces et à continuer
d’avancer ensemble pour offrir un service éducatif
qui réponde “chaque fois mieux” aux nécessités
de notre temps.
-
Réfléchir sur les
lignes d’action définies
dans le livre “La misión de la Compañía
de María: desafíos y respuestas” (2007)(3),
et les mettre en pratique, de même pour les lignes
d’avenir exprimées dans le livre “Dirección
y Gestión de Centros de Educación Formal”(4).
2.2 Insertion dans le monde
de la pauvreté et
de l’exclusion
2.2.1. Diagnostic
En regardant l’ensemble de la Compagnie, nous pouvons
affirmer que l’éducation pour la solidarité est
un axe transversal de la plus grande partie de nos projets éducatifs.
En lien avec cela, en analysant nos présences concrètes
dans le monde de la pauvreté et de l’exclusion, nous
pouvons dire que:
Il s’est vécu dans les Provinces des processus
de révision et de restructuration de ces présences,
débouchant en certains cas à reconnaître
que nous ne pouvions plus continuer certaines de ces œuvres.
Nous avons reçu d’autres appels à réaliser
des fondations auxquels nous n’avons pas pu répondre.
Le Tchad, le Burundi…
Comme nous l’exprimions durant la VIIème Assemblée
Générale, de nombreux facteurs nous touchent:
notre moyenne d’âge, notre diminution progressive
et le manque de vocations en certains contextes, la nécessité d’adapter
la réalité de nos œuvres et de nos présences
au nombre de personnes que nous sommes et aux forces que nous
avons…(5).
En même temps, nous avons fait des efforts
pour renforcer
ou ouvrir d’autres présences : El
Alto (Bolivie), Le Caire (Egypte), Beyrouth (Liban), Dar-es-Salaam
(Tanzanie), Kalemie (RDC), Ubu (Nicaragua) Villa Tina-Medellin
(Colombie)… Nous avons commencé une collaboration
avec les jésuites à Santa María
de Chiquimula (Guatemala) et nous avons défini comment
continuer le processus en relation avec le Vietnam et la
Chine. Nous sommes conscientes que ce sont des présences
fragiles, qui exigent de notre part beaucoup de gratuité, “de
nous appuyer sur l’espérance chrétienne
qui sait conjuguer les deux réalités qui nous
habitent: fragilité humaine et force de Dieu”(6) et
d’être ouvertes à l’évaluation
constante qui nous montre le “pas suivant” que
nous pouvons faire.
Notre présence maintenue dans les pays où la
guerre, la violence et la violation des droits de l’homme
font partie du quotidien, nous situe en tant que Corps dans
la vérité de l’Evangile: donner sa vie
jusqu’à l’extrême, et nous appelle à la
responsabilité collective de nous soutenir par la proximité qu’offrent
tous les moyens dont nous disposons dans chaque réalité.
La communication qui, de ces communautés parvient à la
Compagnie Universelle, est un moyen qui nous aide à connaître
la réalité et à être plus solidaires.
Nous constatons aussi qu’existent des présences
individuelles, la plupart de personnes à l’âge
de la retraite, dans des secteurs et des projets qui sont
très en contact avec les exclus de chaque contexte,
ce qui favorise le “cheminement avec d’autres
qui sont engagés dans cette même aventure de
construire l’humanité”(7) et
qui enrichit notre Projet Apostolique. Des religieuses ont également
un engagement direct dans des activités de défense
des droits de l’homme et des peuples et dans des organisations
d’Eglise qui travaillent pour la justice et la paix.
La Fondation Internationale de Solidarité Compagnie
de Notre-Dame (FISC), est un grand soutien pour pouvoir
maintenir ces projets parmi les plus pauvres, pour favoriser
l’interrelation et la rencontre entre des mondes différents,
et comme moyen de pouvoir atteindre et transformer la réalité.
L’ouverture de nouvelles délégations en
Amérique Latine et en Afrique est une avancée
dans l’engagement de faire de la FISC une responsabilité de
toutes.
2.2.2. Regard
de prospective
Nous pensons qu’il est nécessaire
de continuer de donner l’impulsion à “une
option claire et renouvelée pour les pauvres”(8) pour
grandir en sensibilité, dans le respect et l’accueil
de chaque personne, de même que pour avancer dans la
connaissance des nouvelles pauvretés que provoque le
monde d’aujourd’hui. Rechercher, avec eux
et d’autres personnes et institutions, des formes d’engagement
qui répondent à leurs plus grandes urgences en
matière d’éducation, à la lumière
des critères de l’Evangile. Nous signalons quelques
applications:
- Avoir, dans chaque Province ou Délégation,
différentes présences qui répondent
de façon directe au monde de la pauvreté et
de l’exclusion, en recherchant la manière de
soigner la qualité de la vie communautaire et de la
mission éducative.
- A partir du gouvernement, accompagner spécialement
les nouvelles formes qui surgissent d’insertion et
de présence parmi les pauvres; connaître les
Projets dans lesquels nous sommes impliquées comme
Compagnie et avoir une information systématique sur
ceux-ci, même si nous n’en sommes pas les ultimes
responsables.
- Etre en relation avec d’autres congrégations,
institutions et groupes qui cherchent à répondre à ces
réalités et réfléchir ensemble à des
façons audacieuses et prophétiques d’apporter
ces réponses.
- Evaluer l’expérience des nouvelles formes
juridiques que nous avons créées pour gérer
nos projets et nos œuvres apostoliques: fondations,
associations…
- Définir, comme Compagnie Universelle, quels sont
les lieux qui ont besoin d’un meilleur soutien et
nous y engager au niveau universel.
- Chercher des manières d’encourager la réflexion
et l’engagement, au niveau universel, sur les points
concernant les nouvelles sensibilités et qui aident à construire
un monde plus habitable, plus juste et plus humain : éthique
planétaire et intégrité de la création, équité et égalité,
droits des minorités…
- Permettre, dès les premières étapes,
une formation spirituelle et académique qui nous rende
aptes au travail dans des contextes de pauvreté, de
marginalisation et d’exclusion.
- Connaître davantage la FISC: son fonctionnement,
la portée qu’elle a et nous y impliquer davantage.
Etudier, en chaque contexte, la façon d’articuler
la FISC avec les autres structures existantes et donner priorité à l’exploitation
du matériel de sensibilisation et à la recherche
de financement pour les projets qu’elle soutient.
2.3. Restructuration
des oeuvres
2.3.1. Diagnostic
Durant la dernière Assemblée Générale,
nous exprimions déjà, d’une manière
générale, ce qu’est la situation actuelle
en ce qui concerne la restructuration des oeuvres:
“Les processus de planification et d’adaptation de nos plates-formes éducatives à la
réalité du nombre de religieuses et aux défis que le monde
nous lance est quelque chose qui se met en pratique déjà depuis
bien des années (…) Quant au déroulement de ces processus,
la différence entre les Provinces est grande: dans certaines, le processus
est très avancé, dans d’autres, on est en train de le commencer
et en certains endroits, l’on se pose la question de la manière
de l’aborder.
C’est un fait que notre réalité externe
et interne nous demande de nous maintenir dans une attitude
de recherche continuelle et de discernement; ainsi, ces processus
de restructuration sont ouverts et souples. Parfois, la réalité est
plus rapide que le processus et dans d’autres circonstances,
les deux sont simultanés.”(9)
Il est évident que nos œuvres représentent
un lien important, une richesse à de nombreux niveaux :
relationnel, apostolique, de tradition éducative, de
patrimoine économique, de visibilité institutionnelle…Pour
cela, il y a déjà plusieurs années que nous
avons donné des réponses en chaque contexte aux
questions comme celles-ci:
De quelles personnes disposons-nous, laïcs et religieuses,
pour pouvoir offrir, dans nos Etablissements et nos projets
apostoliques, une éducation de qualité en accord
avec la spécificité de notre Charisme et les
exigences de chaque lieu ?
Comment nous organiser pour assurer et protéger notre
patrimoine? En quelles mains et de quelle façon allons-nous
confier l’administration et/ou la gestion à d’autres
et sous quelle forme ou selon quels critères travaillons-nous
en collaboration avec d’autres institutions ?
Si nous devons renoncer à certaines oeuvres, comment
pouvons-nous gérer ce processus pour ne pas appauvrir
le patrimoine de la Compagnie? Du point de vue de la Compagnie
Universelle, on a besoin de ressources, surtout dans les lieux
où les vocations augmentent mais où l’autofinancement
est impossible.
Comment répondre aux nécessités nouvelles
qui surgissent?
Les processus d’union de Provinces réalisés durant
ces dernières années, suscitent en eux-mêmes,
c’est logique, une nouvelle restructuration. L’élargissement
des circonscriptions provinciales ne résout pas les difficultés
issues de la moyenne d’âge élevée des religieuses,
du manque de ressources financières dans certaines œuvres, de
l’absence de personnel préparé pour certains services,
d’autres carences… Nous ne pouvons pas tout faire, si ce n’est
répondre, en complémentarité avec les laïcs et d’autres
instances, à ce que nous considérons comme prioritaire, en tenant
compte de notre réalité.
Le travail réalisé par les Commissions ou Groupes
Interprovinciaux et Provinciaux a favorisé et continue
de favoriser la mise en place de bases pour cette nouvelle
planification apostolique, qu’il est nécessaire
d’effectuer à court et moyen terme dans la majeure
partie de ces Provinces récemment unies.
Nous sommes aussi conscientes que la perspective universelle est un
critère qui doit prendre toujours plus d’importance au
moment de planifier la mission. Le soutien et la collaboration
interprovinciale, à travers les envois de personnes
de certaines Provinces dans d’autres, de façon
ponctuelle ou plus permanente, pour répondre à des
défis qu’une réalité seule ne
pourrait assumer, ou pour être enrichie par des apports
différents, est quelque chose que nous mettons en
pratique et qui doit être renforcé, en signalant
avec une plus grande clarté ce que nous considérons
comme priorités pour la mission universelle.
2.3.2. Regard de prospective
En partant du point de vue de chaque Province,
face aux six prochaines années, nous considérons qu’il
est nécessaire de continuer d’avancer quant à:
-
La formation conjointe laïcs-religieuses, le Projet
de Bordeaux prétendant être un soutien pour
cela.
-
L’étude de la réalité de
nos œuvres
quant aux possibilités des personnes, à leur
viabilité financière, l’état
des bâtiments… avec l’objectif de
rechercher l’autofinancement de chacune d’entre
elles et de discerner sur la question du nombre d’œuvres
ne pouvant se subvenir et dont nous pouvons continuer
de nous charger(10).
-
L’adaptation du nombre de nos œuvres aux possibilités
de ce que nous sommes et aux soutiens sur lesquels nous pouvons
compter. Définir quelles sont celles que nous ne voudrions
pas perdre et celles qu’il faudrait laisser, ou passer à d’autres
ou gérer de façon différente… en
recherchant avec les conseillers nécessaires la manière
de réaliser tout cela, et, en même temps, en
tâchant de conserver dans la mesure du possible
le patrimoine de la Compagnie.
-
La direction et la gestion partagée
avec les laïcs,
en concrétisant les délais, les types de
responsabilité et
de fonctions qu’on leur délègue en
chaque cas ainsi que ce qui relève de la responsabilité directe
de la Compagnie. Offrir une formation professionnelle,
pédagogique,
spirituelle ainsi qu’une formation à notre
manière
de procéder(11).
-
La mise en marche de structures qui
donnent une impulsion à nos œuvres
et leur assurent une animation adaptée à partir
du projet éducatif de la Compagnie, ainsi que
la révision
et l’évaluation systématique de ces œuvres
pour les adapter aux changements constants qu’exige
notre époque(12).
Au niveau de la Compagnie Universelle, en
ce monde de plus en plus global, nous voyons la nécessité de réorganiser
nos ressources pour répondre aux défis qu’en
tant que Corps Universel nous considérons comme les
plus pressants:
-
Définir des critères au niveau universel
qui marquent les lignes d’action et les formes d’évaluation
qui se décident en chaque contexte pour répondre à la
réalité concrète. Mettre en pratique
les conclusions des diverses rencontres internationales.
-
Discerner sur la poursuite ou non
de nos présences
apostoliques, en tenant compte de leur signification au sein
du Corps de la Compagnie et des critères définis
au niveau universel.
3. Evangélisation des
jeunes et pastorale des vocations
3.1. Diagnostic
Lors des différentes rencontres avec les Provinces,
Délégations et Cadre Inter, cet aspect a été un
thème prioritaire. Nous avons dialogué sur cette
dimension centrale pour la mission de la Compagnie et sur les
efforts accomplis à travers le temps dans ce secteur.
Nous avons pris davantage conscience que, dans l’ensemble
de nos œuvres et projets, le travail direct avec les
jeunes est minoritaire en comparaison avec celui que
nous effectuons auprès des enfants et des adolescents.
Nous avons ressenti l’appel à réviser
en chaque contexte les possibilités existantes, dans
la certitude qu’il est possible d’accompagner des
jeunes dans leur recherche de sens et que nous pouvons offrir, à partir
de notre spiritualité, des moyens pour cela. Cela a
exigé d’affronter le découragement qui
nous vient face au défi de cette mission et à la
distance de générations entre les jeunes et la
majorité d’entre nous. En tous les pays, nous
sommes en train d’essayer de répondre par différents
moyens. Nous en soulignons quelques-uns:
-
L’existence de commissions
d’évangélisation
des jeunes et de pastorale des jeunes et des vocations. La
majorité de ces commissions sont formées
de religieuses et de laïcs et ont des plans et des
programmes structurés à partir de notre spiritualité,
ou en processus de structuration.
-
Certaines Provinces se sont articulées par zones
de communautés et de projets éducatifs, unissant
leurs efforts et leurs ressources apostoliques pour répondre à l’évangélisation
des jeunes. En même temps, elles essaient de montrer
notre manière de vivre et notre style d’éducation.
-
La restructuration de certaines
communautés et
le début de deux nouvelles pour répondre concrètement à l’évangélisation
des jeunes. Ces dernières ont été formées
en mettant en priorité la participation des religieuses
les plus jeunes et d’autres religieuses venues d’autres
pays.
-
Activités, chantiers de
travail, missions… qui
sont organisés dans ce même objectif et aussi
avec le désir de se rapprocher de mondes différents
et d’offrir des espaces de contraste pour une sensibilisation.
-
Le Projet International: “Art,
Humanisme et Spiritualité”, qui s’est mis en
marche à l’occasion de la célébration
de nos Quatre cents ans, comme une ligne transversale de
formation et d’évangélisation que la
Compagnie de Notre-Dame offre aux jeunes. C’est une
tentative d’articuler la richesse de notre spiritualité,
les sensibilités des jeunes d’aujourd’hui,
la dimension d’universalité et l’engagement
avec les plus pauvres, pour offrir aux jeunes une façon
particulière de se réveiller et de répondre à leurs
désirs de recherche et de transcendance.
Regard de prospective
A partir du chemin parcouru, nous considérons
qu’il
est nécessaire de continuer de donner une impulsion à ces
lignes d’action déjà amorcées, certaines
en accord avec le “pas de plus” que nous
avions décidé lors de la rencontre de Formation
(Medellín, 2005)(13),
et aussi d’approfondir et de mettre en pratique les “pistes
d’action” que nous avions concrétisées
concernant ce sujet durant la réflexion éducative
réalisée lors de notre Quatrième Centenaire(14).
En regardant également ces six années à venir,
nous soulignons le caractère d’“urgence” qu’en
d’autres moments nous avons déjà donné à ce
thème et la responsabilité que cela entraîne
pour tous et toutes:
“L’annonce aux jeunes de la Bonne Nouvelle du Christ et de son
Règne est une urgence si nous désirons (…) que son message
de libération continue d’être source de sens et d’espérance
pour eux. C’est un défi et une responsabilité pour laquelle
nous devons nous engager avec créativité, lucidité et
sans épargner nos efforts”(15).
A partir de là, sans perdre de vue ce qui précède,
nous mettons l’accent sur:
-
L’importance d’approfondir la réalité des
jeunes ainsi que leurs nouvelles cultures et sous-cultures
pour offrir une évangélisation adaptée à leur
contexte et à ses caractéristiques.
-
La cohérence, la qualité et le témoignage
de notre vie, de façon à ce que nous suscitions
des questions et une recherche de sens chez les jeunes d’aujourd’hui.
-
La visibilité et l’accueil des communautés
et l’ouverture de nos espaces apostoliques, que nous
puissions dire : “venez et voyez”.
-
La préparation théologique et spirituelle
sérieuse des religieuses et des laïcs qui exercent
cette évangélisation des jeunes, pour pouvoir
rendre compte de notre foi dans un dialogue avec les
autres religions.
-
La responsabilité partagée de faire de cette évangélisation
des jeunes une de nos priorités apostoliques, en nous
donnant tout le soutien universel nécessaire et
possible.
-
La nécessité d’avoir une proposition
d’évangélisation articulée pour
les enfants et les adolescents, étant donné que
c’est de la formation reçue à cet âge
que dépendront l’ouverture et la sensibilité qu’ils
auront plus tard.
-
L’engagement que les générations les
plus jeunes de la Compagnie doivent mettre à travailler
en équipe et à maintenir des relations de
véritable aide et soutien entre elles, vu l’importance
que cela comporte pour l’avenir même de la Compagnie
et pour la mission d’annoncer Jésus aux jeunes
de notre temps.
4. Réseau des Laïcs.
4.1.
Diagnostic
Le Réseau des Laïcs Compagnie
de Notre-Dame, en tant que possibilité au niveau universel,
commença à être
pensé durant le XIVème Chapitre Général
et se concrétisa, sous forme de proposition, durant
le XVème Chapitre Général. Les laïcs
eux-mêmes expriment alors leur adhésion au charisme
et à la spiritualité de Sainte Jeanne et leur
désir de prendre les moyens pour que cela imprègne
leur vie et leur action quotidienne. On se met alors d’accord
pour mener à bien un plan de formation qui
les aide à vivre cette identité et à cheminer
ensemble.”(16)
Le symbole de “La Red” (mot voulant réseau,
mais aussi mailles d’un filet) définit bien ces
intuitions premières: partir des groupes qui existent
déjà ou qui peuvent surgir en chaque niveau local;
chercher des formes de coordination au niveau provincial, favoriser
la communication et l’échange ; maintenir
un regard universel qui combine ce qui est propre à chaque
contexte avec la richesse de la pluralité… Flexibilité,
cohésion et unité sont les caractéristiques
qui expriment cette première étape.
Pour nous, religieuses, le fait de constater que le Projet
de Sainte Jeanne s’élargit et prend des formes
diverses nous remplit de joie et, en même temps, c’est
pour nous une responsabilité et un engagement :
“Nous avons expérimenté la joie de sentir
que nous buvons à la même source (…) Nous
avons été témoins qu’à partir
de leur vocation de laïcs, ils vivent de la grâce
fondatrice et de la même passion évangélisatrice
qui les engage à un ‘davantage’.
Faire chemin avec eux nous fait prendre
conscience de l’urgence
de vivre en profondeur et d’exprimer notre identité de
religieuses; de vivre de façon complémentaire
le charisme de la Compagnie de Notre-Dame, dans la suite de
Jésus en construisant ensemble une Eglise de communion. Nous
aider mutuellement à grandir dans notre vocation respective
avec une même spiritualité, parcourant ensemble
un chemin d’Evangile.
Nous nous engageons à promouvoir
le Réseau des
Laïcs de la Compagnie de Notre-Dame qui se construit.
Nous chercherons ensemble comment l’organiser afin
qu’il
soit lien de communion et d’universalité entre
les groupes et les communautés diverses et qu’il
aide chacun à vivre la vocation à laquelle
il est appelé”(17).
La ligne qui a été suivie au niveau universel,
selon ce qui avait été convenu à différents
moments avec les équipes de gouvernement, est que chaque
Province et Délégation fait en sorte que le Réseau avance
et se construise, selon les possibilités et les désirs
des laïcs, avec le soutien des religieuses qui cheminent
avec eux dans l’animation et la recherche. Durant nos
visites, nous avons pu constater l’engagement et l’enthousiasme
des personnes qui y sont engagées.
La célébration des 400 ans de
l’approbation
de notre Ordre par l’Eglise a permis la formation et
la réflexion conjointe ainsi que certains contacts et échanges
par zones, de même que la première rencontre au
niveau universel(18).
La préparation du XVIème Chapitre Général
a aussi favorisé ce désir de formation conjointe,
non seulement pour les laïcs appartenant au Réseau
mais aussi pour tous ceux qui ont voulu s’engager dans
ces activités. Nous évaluons cet intérêt
et cette participation des laïcs comme un aspect très
positif en tout ce processus.
En ce qui regarde le développement du Réseau
des Laïcs, la situation est actuellement différente
en chaque contexte: dans certains, un plan de formation structuré a été préparé avec
les laïcs, ce qui a dynamisé et motivé aussi
bien l’approfondissement de la vie chrétienne à partir
de la spiritualité de la Compagnie, que l’engagement
personnel et celui du groupe; en d’autres pays, nous
pouvons dire que le Réseau est déjà dans
une période de consolidation. En d’autres lieux,
le processus en est à ses débuts et ils comptent
pour cela sur la clarté qu’a apporté la
Première Rencontre Internationale de 2007 sur l’identité du
Réseau. Et il est enfin d’autres contextes qui
désirent commencer mais pour lesquels cela n’a
pas encore été possible.
Regard de prospective
Face aux six prochaines années:
-
Continuer de promouvoir le Réseau des Laïcs
dans les différents contextes, comme moyen de formation
de la foi et d’engagement chrétien.
-
Discerner de quelle manière l’on peut donner
une impulsion au Réseau, au niveau des anciennes et
anciens élèves ainsi qu’en d’autres
groupes qui ont des relations avec la Compagnie, comme moyen
d’unir nos forces et nos efforts.
-
Chercher et concrétiser des formes d’interrelation
et d’échange au niveau de la Compagnie Universelle,
en se basant sur le chemin parcouru par les groupes qui
ont une plus grande expérience de ce processus.
-
Définir si c’est le moment de structurer une
coordination universelle du Réseau et analyser les
critères pour cela.
-
Profiter des ressources qu’offre le Projet de Bordeaux
et encourager à la visite des lieux significatifs
pour la Compagnie, en tant qu’espaces de rénovation
spirituelle et de rencontre avec nos racines.
1.- La Misión
educativa de la Compañía de María:
desafíos y respuestas. EdiMend, S.A. de C.V. Marzo
2008.
2.- Dirección
y gestión de Centros de Educación Formal.
Orden de la Compañía de María Nuestra
Señora. ODN IV Centenario, 2007, nº 6, p. 32-33;
109-138; 156-157.
3.- La misión
de la Compañía de María: desafíos
y respuestas. Edimend, S.A. de c.v. 2008, p. 15-24.
4.- Dirección
y gestión de Centros de Educación Formal.
Orden de la Compañía de María Nuestra
Señora. ODN IV Centenario, 2007, nº 6, p. 156-157.
5.- VIIème
Assemblée Générale. ODN IVème
Centenaire, 2006, nº 3, p.108.
6.- Congrès
mondial de la Vie Consacrée: Passion pour le Christ,
passion pour les hommes. Rome, novembre 2005.
7.- La misión
educativa de la Compañía de María:
desafíos y respuestas, 2008, desafío 3.5,
p. 36.
8.- La Formation
dans la Compagnie de Notre-Dame, Notre manière de
procéder. Points sur lesquels insister. ODN IVème
Centenaire, nº 1, p. 49.
9.- VIIème
Assemblée Générale 2006, p. 110.
10.- Voir
ce qui est dit sur cet aspect dans le livre “Dirección
y Gestión de Centros de Educación Formal” Compañía
de María. ODN IV Centenario, nº 6. Líneas
de futuro, p. 159.
13.- Ibidem,
pastoral vocacional, p. 56.
14.- La misión
de la Compañía de María: desafíos
y respuestas. Edimend, S.A. de c.v. 2008, p.20 y 21.
15.- La Formation
dans la Compagnie de Notre-Dame, Notre manière de
procéder. ODN IVème Centenaire, nº 1,
p. 57
16.- XVème
Chapitre Général, p. 173.
17.- XVème
Ibidem, p. 230-231.
18.- Un Réseau
en chemin. Bordeaux, 19 juillet 2007
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